Grammalecte  Check-in [bf58e39b3f]

Overview
Comment:[fr][tests] Update: Le Horla
Downloads: Tarball | ZIP archive | SQL archive
Timelines: family | ancestors | descendants | both | trunk | fr
Files: files | file ages | folders
SHA3-256: bf58e39b3fff1dc22e1b12de4a7b865c8c16c151170f6885bb85f6fbbcff610c
User & Date: olr on 2018-02-20 12:06:07
Other Links: manifest | tags
Context
2018-02-20
12:10
[fr][tests] update: text2 check-in: abade51f3f user: olr tags: fr, trunk
12:06
[fr][tests] Update: Le Horla check-in: bf58e39b3f user: olr tags: fr, trunk
08:40
[graphspell] spellchecker: add parseParagraph() check-in: 7616aa7ef9 user: olr tags: graphspell, trunk
Changes

Modified tests/fr/horla.res.txt from [036f6beeea] to [0417945727].

4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
...
107
108
109
110
111
112
113
114
115
116
117
118
119
120
121
122
...
475
476
477
478
479
480
481

482
483
484
485
486
487
488
489
...
584
585
586
587
588
589
590
591
592
593
594
595
596
597
598
599
600



601
602
603
604
605
606
607
...
810
811
812
813
814
815
816

817
818

819
820

821
822
823
824
825
826
827
828
...
829
830
831
832
833
834
835

836
837
838
839
840
841
842
843
...
844
845
846
847
848
849
850
851




852
853
854
855
856
857
858
859
860
...
935
936
937
938
939
940
941
942
943
944
945
946
947
948
949
...
994
995
996
997
998
999
1000
1001
1002
1003
1004
1005
1006
1007
1008
....
1024
1025
1026
1027
1028
1029
1030
1031
1032
1033
1034
1035
1036
1037
1038
1039
   °°°°°
Le Horla, P. Ollendorff, 1895 [trente-cinquième édition] (pp. 3-68).
   °°°°°     °°°°°°°°°°


8 mai. – Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur 
                                                                ^^^^^^
* 64:70  # 3514s  : Accord de genre erroné : « matinée » est féminin, « étendu »
  est masculin.
  > Suggestions : étendue

l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et 
l’ombrage tout entière. J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes 
racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre 
où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on 
mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations 
................................................................................
tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau stagnante. Je ne le sens pas 
venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, 
qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m’anéantir.

Je dors – longtemps – deux ou trois heures – puis un rêve – non – un cauchemar 
m’étreint. Je sens bien que je suis couché et que je dors,… je le sens et je le 
                                                         ^^
* 136:138  # 377p  : Typographie : pas de virgule avant les points de
  suspension.
  > Suggestions : …

sais… et je sens aussi que quelqu’un s’approche de moi, me regarde, me palpe, 
monte sur mon lit, s’agenouille sur ma poitrine, me prend le cou entre ses 
mains et serre… serre… de toute sa force pour m’étrangler.

Moi, je me débats, lié par cette impuissance atroce, qui nous paralyse dans les 
................................................................................

— Oui, moi, ou plutôt mon mari, qui me charge de les trouver.

J’étais tellement stupéfait, que je balbutiais mes réponses. Je me demandais si 
vraiment elle ne s’était pas moquée de moi avec le docteur Parent, si ce 
n’était pas là une simple farce préparée d’avance et fort bien jouée.
                                ^^^^^^^^^^^^^^^^^

* 185:202  # 1518s  : Pléonasme.
  > Suggestions : préparée


Mais, en la regardant avec attention, tous mes doutes se dissipèrent. Elle 
tremblait d’angoisse, tant cette démarche lui était douloureuse, et je compris 
qu’elle avait la gorge pleine de sanglots.

................................................................................
Puis il la réveilla. Je tirai de ma poche un portefeuille :

— Voici, ma chère cousine, ce que vous m’avez demandé ce matin.

Elle fut tellement surprise que je n’osai pas insister. J’essayai cependant de 
ranimer sa mémoire, mais elle nia avec force, crut que je me moquais d’elle, et 
faillit, à la fin, se fâcher.
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

Voilà ! je viens de rentrer ; et je n’ai pu déjeuner, tant cette expérience m’a 
bouleversé.

19 juillet. – Beaucoup de personnes à qui j’ai raconté cette aventure se sont 
moquées de moi. Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ?

21 juillet. – J’ai été dîner à Bougival, puis j’ai passé la soirée au bal des 
                               °°°°°°°°



canotiers. Décidément, tout dépend des lieux et des milieux. Croire au 
surnaturel dans l’île de la Grenouillère, serait le comble de la folie… mais au 
sommet du mont Saint-Michel ?… mais dans les Indes ? Nous subissons 
effroyablement l’influence de ce qui nous entoure. Je rentrerai chez moi la 
semaine prochaine.

30 juillet. – Je suis revenu dans ma maison depuis hier. Tout va bien.
................................................................................
s’éteignit, et ma fenêtre se ferma comme si un malfaiteur surpris se fût élancé 
dans la nuit, en prenant à pleines mains les battants.

Donc, il s’était sauvé ; il avait eu peur, peur de moi, lui !

Alors,… alors… demain… ou après,… ou un jour quelconque,… je pourrai donc le 
     ^^                        ^^                      ^^

* 5:7  # 377p  : Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …

* 31:33  # 377p  : Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …

* 55:57  # 377p  : Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …

tenir sous mes poings, et l’écraser contre le sol ! Est-ce que les chiens, 
quelquefois, ne mordent point et n’étranglent pas leurs maîtres ?

18 août. – J’ai songé toute la journée. Oh ! oui, je vais lui obéir, suivre ses 
impulsions, accomplir toutes ses volontés, me faire humble, soumis, lâche. Il 
................................................................................
est le plus fort. Mais une heure viendra…

19 août. – Je sais… je sais… je sais tout ! Je viens de lire ceci dans la Revue 
du Monde scientifique : « Une nouvelle assez curieuse nous arrive de Rio de 
Janeiro. Une folie, une épidémie de folie, comparable aux démences contagieuses 
qui atteignirent les peuples d’Europe au moyen âge, sévit en ce moment dans la 
                                         ^^^^^^^^^

* 277:286  # 5069s  : Le « Moyen Âge ».
  > Suggestions : Moyen Âge

province de San-Paulo. Les habitants éperdus quittent leurs maisons, désertent 
leurs villages, abandonnent leurs cultures, se disant poursuivis, possédés, 
gouvernés comme un bétail humain par des êtres invisibles bien que tangibles, 
des sortes de vampires qui se nourrissent de leur vie, pendant leur sommeil, et 
qui boivent en outre de l’eau et du lait sans paraître toucher à aucun autre 
................................................................................
aliment.

« M. le professeur Don Pedro Henriquez, accompagné de plusieurs savants 
                             °°°°°°°°°
médecins, est parti pour la province de San-Paulo, afin d’étudier sur place les 
origines et les manifestations de cette surprenante folie, et de proposer à 
l’Empereur les mesures qui lui paraîtront le plus propres à rappeler à la 
                                                  ^^^^^^^




* 278:285  # 3142s  : Accord de nombre erroné : « propres » devrait être au
  singulier.
  > Suggestions : propre

raison ces populations en délire. »

Ah ! Ah ! je me rappelle, je me rappelle le beau trois-mâts brésilien qui passa 
sous mes fenêtres en remontant la Seine, le 8 mai dernier ! Je le trouvai si 
joli, si blanc, si gai ! L’Être était dessus, venant de là-bas, où sa race est 
................................................................................

Mais direz-vous, le papillon ! une fleur qui vole ! J’en rêve un qui serait 
grand comme cent univers, avec des ailes dont je ne puis même exprimer la 
forme, la beauté, la couleur et le mouvement. Mais je le vois… il va d’étoile 
en étoile, les rafraîchissant et les embaumant au souffle harmonieux et léger 
de sa course !… Et les peuples de là-haut le regardent passer, extasiés et 
ravis !…
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

Qu’ai-je donc ? C’est lui, lui, le Horla, qui me hante, qui me fait penser ces 
                                   °°°°°
folies ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai !

19 août. – Je le tuerai. Je l’ai vu ! je me suis assis hier soir, à ma table ; 
et je fis semblant d’écrire avec une grande attention. Je savais bien qu’il 
................................................................................
alors ?…

21 août. – J’ai fait venir un serrurier de Rouen, et lui ai commandé pour ma 
chambre des persiennes de fer, comme en ont, à Paris, certains hôtels 
particuliers, au rez-de-chaussée, par crainte des voleurs. Il me fera, en 
outre, une porte pareille. Je me suis donné pour un poltron, mais je m’en 
moque !…
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

10 septembre. – Rouen, hôtel continental. C’est fait… c’est fait… mais est-il 
mort ? J’ai l’âme bouleversée de ce que j’ai vu.

Hier donc, le serrurier ayant posé ma persienne et ma porte de fer, j’ai laissé 
tout ouvert jusqu’à minuit, bien qu’il commençât à faire froid.

................................................................................
bien refermé, à double tour, la grande porte d’entrée.

Et j’allai me cacher au fond de mon jardin, dans un massif de lauriers. Comme 
ce fut long ! comme ce fut long ! Tout était noir, muet, immobile ; pas un 
souffle d’air, pas une étoile, des montagnes de nuages qu’on ne voyait point, 
mais qui pesaient sur mon âme si lourds, si lourds.
                                 ^^^^^^
* 264:270  # 3554s  : Accord de nombre erroné avec « âme » : « lourds » devrait
  être au singulier.
  > Suggestions : lourd


Je regardais ma maison, et j’attendais. Comme ce fut long ! Je croyais déjà que 
le feu s’était éteint tout seul, ou qu’il l’avait éteint, Lui, quand une des 
fenêtres d’en bas creva sous la poussée de l’incendie, et une flamme, une 
grande flamme rouge et jaune, longue, molle, caressante, monta le long du mur 







|
|







 







|
|







 







>
|







 







|








|
>
>
>







 







>
|

>
|

>
|







 







>
|







 







|
>
>
>
>
|
<







 







|







 







|







 







|
|







4
5
6
7
8
9
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
...
107
108
109
110
111
112
113
114
115
116
117
118
119
120
121
122
...
475
476
477
478
479
480
481
482
483
484
485
486
487
488
489
490
...
585
586
587
588
589
590
591
592
593
594
595
596
597
598
599
600
601
602
603
604
605
606
607
608
609
610
611
...
814
815
816
817
818
819
820
821
822
823
824
825
826
827
828
829
830
831
832
833
834
835
...
836
837
838
839
840
841
842
843
844
845
846
847
848
849
850
851
...
852
853
854
855
856
857
858
859
860
861
862
863
864

865
866
867
868
869
870
871
...
946
947
948
949
950
951
952
953
954
955
956
957
958
959
960
....
1005
1006
1007
1008
1009
1010
1011
1012
1013
1014
1015
1016
1017
1018
1019
....
1035
1036
1037
1038
1039
1040
1041
1042
1043
1044
1045
1046
1047
1048
1049
1050
   °°°°°
Le Horla, P. Ollendorff, 1895 [trente-cinquième édition] (pp. 3-68).
   °°°°°     °°°°°°°°°°


8 mai. – Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur 
                                                                ^^^^^^
* 64:70  # 6628s / gn_2m_la:
  Accord de genre erroné : « matinée » est féminin, « étendu » est masculin.
  > Suggestions : étendue

l’herbe, devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et 
l’ombrage tout entière. J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes 
racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre 
où sont nés et morts ses aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on 
mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations 
................................................................................
tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau stagnante. Je ne le sens pas 
venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi, qui me guette, 
qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m’anéantir.

Je dors – longtemps – deux ou trois heures – puis un rêve – non – un cauchemar 
m’étreint. Je sens bien que je suis couché et que je dors,… je le sens et je le 
                                                         ^^
* 136:138  # 704p / virg_virgule_avant_points_suspension:
  Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …

sais… et je sens aussi que quelqu’un s’approche de moi, me regarde, me palpe, 
monte sur mon lit, s’agenouille sur ma poitrine, me prend le cou entre ses 
mains et serre… serre… de toute sa force pour m’étrangler.

Moi, je me débats, lié par cette impuissance atroce, qui nous paralyse dans les 
................................................................................

— Oui, moi, ou plutôt mon mari, qui me charge de les trouver.

J’étais tellement stupéfait, que je balbutiais mes réponses. Je me demandais si 
vraiment elle ne s’était pas moquée de moi avec le docteur Parent, si ce 
n’était pas là une simple farce préparée d’avance et fort bien jouée.
                                ^^^^^^^^^^^^^^^^^
* 185:202  # 3020s / pleo_verbe_à_l_avance:
  Pléonasme.
  > Suggestions : préparée


Mais, en la regardant avec attention, tous mes doutes se dissipèrent. Elle 
tremblait d’angoisse, tant cette démarche lui était douloureuse, et je compris 
qu’elle avait la gorge pleine de sanglots.

................................................................................
Puis il la réveilla. Je tirai de ma poche un portefeuille :

— Voici, ma chère cousine, ce que vous m’avez demandé ce matin.

Elle fut tellement surprise que je n’osai pas insister. J’essayai cependant de 
ranimer sa mémoire, mais elle nia avec force, crut que je me moquais d’elle, et 
faillit, à la fin, se fâcher.
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Voilà ! je viens de rentrer ; et je n’ai pu déjeuner, tant cette expérience m’a 
bouleversé.

19 juillet. – Beaucoup de personnes à qui j’ai raconté cette aventure se sont 
moquées de moi. Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ?

21 juillet. – J’ai été dîner à Bougival, puis j’ai passé la soirée au bal des 
                ^^^^^^         °°°°°°°°
* 16:22  # 9891s / ppas_avoir_été:
  Tournure familière. Utilisez « être allé » plutôt que « avoir été ».

canotiers. Décidément, tout dépend des lieux et des milieux. Croire au 
surnaturel dans l’île de la Grenouillère, serait le comble de la folie… mais au 
sommet du mont Saint-Michel ?… mais dans les Indes ? Nous subissons 
effroyablement l’influence de ce qui nous entoure. Je rentrerai chez moi la 
semaine prochaine.

30 juillet. – Je suis revenu dans ma maison depuis hier. Tout va bien.
................................................................................
s’éteignit, et ma fenêtre se ferma comme si un malfaiteur surpris se fût élancé 
dans la nuit, en prenant à pleines mains les battants.

Donc, il s’était sauvé ; il avait eu peur, peur de moi, lui !

Alors,… alors… demain… ou après,… ou un jour quelconque,… je pourrai donc le 
     ^^                        ^^                      ^^
* 5:7  # 704p / virg_virgule_avant_points_suspension:
  Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …
* 31:33  # 704p / virg_virgule_avant_points_suspension:
  Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …
* 55:57  # 704p / virg_virgule_avant_points_suspension:
  Typographie : pas de virgule avant les points de suspension.
  > Suggestions : …

tenir sous mes poings, et l’écraser contre le sol ! Est-ce que les chiens, 
quelquefois, ne mordent point et n’étranglent pas leurs maîtres ?

18 août. – J’ai songé toute la journée. Oh ! oui, je vais lui obéir, suivre ses 
impulsions, accomplir toutes ses volontés, me faire humble, soumis, lâche. Il 
................................................................................
est le plus fort. Mais une heure viendra…

19 août. – Je sais… je sais… je sais tout ! Je viens de lire ceci dans la Revue 
du Monde scientifique : « Une nouvelle assez curieuse nous arrive de Rio de 
Janeiro. Une folie, une épidémie de folie, comparable aux démences contagieuses 
qui atteignirent les peuples d’Europe au moyen âge, sévit en ce moment dans la 
                                         ^^^^^^^^^
* 277:286  # 8968s / maj_Moyen_Âge:
  Le « Moyen Âge ».
  > Suggestions : Moyen Âge

province de San-Paulo. Les habitants éperdus quittent leurs maisons, désertent 
leurs villages, abandonnent leurs cultures, se disant poursuivis, possédés, 
gouvernés comme un bétail humain par des êtres invisibles bien que tangibles, 
des sortes de vampires qui se nourrissent de leur vie, pendant leur sommeil, et 
qui boivent en outre de l’eau et du lait sans paraître toucher à aucun autre 
................................................................................
aliment.

« M. le professeur Don Pedro Henriquez, accompagné de plusieurs savants 
                             °°°°°°°°°
médecins, est parti pour la province de San-Paulo, afin d’étudier sur place les 
origines et les manifestations de cette surprenante folie, et de proposer à 
l’Empereur les mesures qui lui paraîtront le plus propres à rappeler à la 
                                          ^^      ^^^^^^^
* 270:272  # 5835s / gn_le_accord2:
  Accord de nombre erroné : « propres » est au pluriel.
  > Suggestions : les
* 278:285  # 5835s / gn_le_accord2:
  Accord de nombre erroné : « propres » devrait être au singulier.

  > Suggestions : propre

raison ces populations en délire. »

Ah ! Ah ! je me rappelle, je me rappelle le beau trois-mâts brésilien qui passa 
sous mes fenêtres en remontant la Seine, le 8 mai dernier ! Je le trouvai si 
joli, si blanc, si gai ! L’Être était dessus, venant de là-bas, où sa race est 
................................................................................

Mais direz-vous, le papillon ! une fleur qui vole ! J’en rêve un qui serait 
grand comme cent univers, avec des ailes dont je ne puis même exprimer la 
forme, la beauté, la couleur et le mouvement. Mais je le vois… il va d’étoile 
en étoile, les rafraîchissant et les embaumant au souffle harmonieux et léger 
de sa course !… Et les peuples de là-haut le regardent passer, extasiés et 
ravis !…
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Qu’ai-je donc ? C’est lui, lui, le Horla, qui me hante, qui me fait penser ces 
                                   °°°°°
folies ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai !

19 août. – Je le tuerai. Je l’ai vu ! je me suis assis hier soir, à ma table ; 
et je fis semblant d’écrire avec une grande attention. Je savais bien qu’il 
................................................................................
alors ?…

21 août. – J’ai fait venir un serrurier de Rouen, et lui ai commandé pour ma 
chambre des persiennes de fer, comme en ont, à Paris, certains hôtels 
particuliers, au rez-de-chaussée, par crainte des voleurs. Il me fera, en 
outre, une porte pareille. Je me suis donné pour un poltron, mais je m’en 
moque !…
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

10 septembre. – Rouen, hôtel continental. C’est fait… c’est fait… mais est-il 
mort ? J’ai l’âme bouleversée de ce que j’ai vu.

Hier donc, le serrurier ayant posé ma persienne et ma porte de fer, j’ai laissé 
tout ouvert jusqu’à minuit, bien qu’il commençât à faire froid.

................................................................................
bien refermé, à double tour, la grande porte d’entrée.

Et j’allai me cacher au fond de mon jardin, dans un massif de lauriers. Comme 
ce fut long ! comme ce fut long ! Tout était noir, muet, immobile ; pas un 
souffle d’air, pas une étoile, des montagnes de nuages qu’on ne voyait point, 
mais qui pesaient sur mon âme si lourds, si lourds.
                                 ^^^^^^
* 264:270  # 6602s / gn_2m_mon_ton_son:
  Accord de nombre erroné avec « âme » : « lourds » devrait être au singulier.
  > Suggestions : lourd


Je regardais ma maison, et j’attendais. Comme ce fut long ! Je croyais déjà que 
le feu s’était éteint tout seul, ou qu’il l’avait éteint, Lui, quand une des 
fenêtres d’en bas creva sous la poussée de l’incendie, et une flamme, une 
grande flamme rouge et jaune, longue, molle, caressante, monta le long du mur 

Modified tests/fr/horla.txt from [4cbaa54e8b] to [44498933b9].

291
292
293
294
295
296
297
298
299
300
301
302
303
304
305
...
404
405
406
407
408
409
410
411
412
413
414
415
416
417
418
...
429
430
431
432
433
434
435
436
437
438
439
440
441
442
443
— Votre mari n’a plus besoin de cinq mille francs ! Vous allez donc oublier que vous avez prié votre cousin de vous les prêter, et, s’il vous parle de cela, vous ne comprendrez pas.

Puis il la réveilla. Je tirai de ma poche un portefeuille :

— Voici, ma chère cousine, ce que vous m’avez demandé ce matin.

Elle fut tellement surprise que je n’osai pas insister. J’essayai cependant de ranimer sa mémoire, mais elle nia avec force, crut que je me moquais d’elle, et faillit, à la fin, se fâcher.
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

Voilà ! je viens de rentrer ; et je n’ai pu déjeuner, tant cette expérience m’a bouleversé.

19 juillet. – Beaucoup de personnes à qui j’ai raconté cette aventure se sont moquées de moi. Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ?

21 juillet. – J’ai été dîner à Bougival, puis j’ai passé la soirée au bal des canotiers. Décidément, tout dépend des lieux et des milieux. Croire au surnaturel dans l’île de la Grenouillère, serait le comble de la folie… mais au sommet du mont Saint-Michel ?… mais dans les Indes ? Nous subissons effroyablement l’influence de ce qui nous entoure. Je rentrerai chez moi la semaine prochaine.

................................................................................
Un être nouveau ! pourquoi pas ? Il devait venir assurément ! pourquoi serions-nous les derniers ! Nous ne le distinguons point, ainsi que tous les autres créés avant nous ? C’est que sa nature est plus parfaite, son corps plus fin et plus fini que le nôtre, que le nôtre si faible, si maladroitement conçu, encombré d’organes toujours fatigués, toujours forcés comme des ressorts trop complexes, que le nôtre, qui vit comme une plante et comme une bête, en se nourrissant péniblement d’air, d’herbe et de viande, machine animale en proie aux maladies, aux déformations, aux putréfactions, poussive, mal réglée, naïve et bizarre, ingénieusement mal faite, œuvre grossière et délicate, ébauche d’être qui pourrait devenir intelligent et superbe.

Nous sommes quelques-uns, si peu sur ce monde, depuis l’huître jusqu’à l’homme. Pourquoi pas un de plus, une fois accomplie la période qui sépare les apparitions successives de toutes les espèces diverses ?

Pourquoi pas un de plus ? Pourquoi pas aussi d’autres arbres aux fleurs immenses, éclatantes et parfumant des régions entières ? Pourquoi pas d’autres éléments que le feu, l’air, la terre et l’eau ? – Ils sont quatre, rien que quatre, ces pères nourriciers des êtres ! Quelle pitié ! Pourquoi ne sont-ils pas quarante, quatre cents, quatre mille ! Comme tout est pauvre, mesquin, misérable ! avarement donné, sèchement inventé, lourdement fait ! Ah ! l’éléphant, l’hippopotame, que de grâce ! Le chameau que d’élégance !

Mais direz-vous, le papillon ! une fleur qui vole ! J’en rêve un qui serait grand comme cent univers, avec des ailes dont je ne puis même exprimer la forme, la beauté, la couleur et le mouvement. Mais je le vois… il va d’étoile en étoile, les rafraîchissant et les embaumant au souffle harmonieux et léger de sa course !… Et les peuples de là-haut le regardent passer, extasiés et ravis !…
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

Qu’ai-je donc ? C’est lui, lui, le Horla, qui me hante, qui me fait penser ces folies ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai !

19 août. – Je le tuerai. Je l’ai vu ! je me suis assis hier soir, à ma table ; et je fis semblant d’écrire avec une grande attention. Je savais bien qu’il viendrait rôder autour de moi, tout près, si près que je pourrais peut-être le toucher, le saisir ? Et alors !… alors, j’aurais la force des désespérés ; j’aurais mes mains, mes genoux, ma poitrine, mon front, mes dents pour l’étrangler, l’écraser, le mordre, le déchirer.

Et je le guettais avec tous mes organes surexcités.

................................................................................
Je pus enfin me distinguer complètement, ainsi que je le fais chaque jour en me regardant.

Je l’avais vu ! L’épouvante m’en est restée, qui me fait encore frissonner.

20 août. – Le tuer, comment ? puisque je ne peux l’atteindre ? Le poison ? mais il me verrait le mêler à l’eau ; et nos poisons, d’ailleurs, auraient-ils un effet sur son corps imperceptible ? Non… non… sans aucun doute… Alors ?… alors ?…

21 août. – J’ai fait venir un serrurier de Rouen, et lui ai commandé pour ma chambre des persiennes de fer, comme en ont, à Paris, certains hôtels particuliers, au rez-de-chaussée, par crainte des voleurs. Il me fera, en outre, une porte pareille. Je me suis donné pour un poltron, mais je m’en moque !…
· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	· 	·

10 septembre. – Rouen, hôtel continental. C’est fait… c’est fait… mais est-il mort ? J’ai l’âme bouleversée de ce que j’ai vu.

Hier donc, le serrurier ayant posé ma persienne et ma porte de fer, j’ai laissé tout ouvert jusqu’à minuit, bien qu’il commençât à faire froid.

Tout à coup, j’ai senti qu’il était là, et une joie, une joie folle m’a saisi. Je me suis levé lentement, et j’ai marché à droite, à gauche, longtemps pour qu’il ne devinât rien ; puis j’ai ôté mes bottines et mis mes savates avec négligence ; puis j’ai fermé ma persienne de fer, et revenant à pas tranquilles vers la porte, j’ai fermé la porte aussi à double tour. Retournant alors vers la fenêtre, je la fixai par un cadenas, dont je mis la clef dans ma poche.








|







 







|







 







|







291
292
293
294
295
296
297
298
299
300
301
302
303
304
305
...
404
405
406
407
408
409
410
411
412
413
414
415
416
417
418
...
429
430
431
432
433
434
435
436
437
438
439
440
441
442
443
— Votre mari n’a plus besoin de cinq mille francs ! Vous allez donc oublier que vous avez prié votre cousin de vous les prêter, et, s’il vous parle de cela, vous ne comprendrez pas.

Puis il la réveilla. Je tirai de ma poche un portefeuille :

— Voici, ma chère cousine, ce que vous m’avez demandé ce matin.

Elle fut tellement surprise que je n’osai pas insister. J’essayai cependant de ranimer sa mémoire, mais elle nia avec force, crut que je me moquais d’elle, et faillit, à la fin, se fâcher.
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Voilà ! je viens de rentrer ; et je n’ai pu déjeuner, tant cette expérience m’a bouleversé.

19 juillet. – Beaucoup de personnes à qui j’ai raconté cette aventure se sont moquées de moi. Je ne sais plus que penser. Le sage dit : Peut-être ?

21 juillet. – J’ai été dîner à Bougival, puis j’ai passé la soirée au bal des canotiers. Décidément, tout dépend des lieux et des milieux. Croire au surnaturel dans l’île de la Grenouillère, serait le comble de la folie… mais au sommet du mont Saint-Michel ?… mais dans les Indes ? Nous subissons effroyablement l’influence de ce qui nous entoure. Je rentrerai chez moi la semaine prochaine.

................................................................................
Un être nouveau ! pourquoi pas ? Il devait venir assurément ! pourquoi serions-nous les derniers ! Nous ne le distinguons point, ainsi que tous les autres créés avant nous ? C’est que sa nature est plus parfaite, son corps plus fin et plus fini que le nôtre, que le nôtre si faible, si maladroitement conçu, encombré d’organes toujours fatigués, toujours forcés comme des ressorts trop complexes, que le nôtre, qui vit comme une plante et comme une bête, en se nourrissant péniblement d’air, d’herbe et de viande, machine animale en proie aux maladies, aux déformations, aux putréfactions, poussive, mal réglée, naïve et bizarre, ingénieusement mal faite, œuvre grossière et délicate, ébauche d’être qui pourrait devenir intelligent et superbe.

Nous sommes quelques-uns, si peu sur ce monde, depuis l’huître jusqu’à l’homme. Pourquoi pas un de plus, une fois accomplie la période qui sépare les apparitions successives de toutes les espèces diverses ?

Pourquoi pas un de plus ? Pourquoi pas aussi d’autres arbres aux fleurs immenses, éclatantes et parfumant des régions entières ? Pourquoi pas d’autres éléments que le feu, l’air, la terre et l’eau ? – Ils sont quatre, rien que quatre, ces pères nourriciers des êtres ! Quelle pitié ! Pourquoi ne sont-ils pas quarante, quatre cents, quatre mille ! Comme tout est pauvre, mesquin, misérable ! avarement donné, sèchement inventé, lourdement fait ! Ah ! l’éléphant, l’hippopotame, que de grâce ! Le chameau que d’élégance !

Mais direz-vous, le papillon ! une fleur qui vole ! J’en rêve un qui serait grand comme cent univers, avec des ailes dont je ne puis même exprimer la forme, la beauté, la couleur et le mouvement. Mais je le vois… il va d’étoile en étoile, les rafraîchissant et les embaumant au souffle harmonieux et léger de sa course !… Et les peuples de là-haut le regardent passer, extasiés et ravis !…
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

Qu’ai-je donc ? C’est lui, lui, le Horla, qui me hante, qui me fait penser ces folies ! Il est en moi, il devient mon âme ; je le tuerai !

19 août. – Je le tuerai. Je l’ai vu ! je me suis assis hier soir, à ma table ; et je fis semblant d’écrire avec une grande attention. Je savais bien qu’il viendrait rôder autour de moi, tout près, si près que je pourrais peut-être le toucher, le saisir ? Et alors !… alors, j’aurais la force des désespérés ; j’aurais mes mains, mes genoux, ma poitrine, mon front, mes dents pour l’étrangler, l’écraser, le mordre, le déchirer.

Et je le guettais avec tous mes organes surexcités.

................................................................................
Je pus enfin me distinguer complètement, ainsi que je le fais chaque jour en me regardant.

Je l’avais vu ! L’épouvante m’en est restée, qui me fait encore frissonner.

20 août. – Le tuer, comment ? puisque je ne peux l’atteindre ? Le poison ? mais il me verrait le mêler à l’eau ; et nos poisons, d’ailleurs, auraient-ils un effet sur son corps imperceptible ? Non… non… sans aucun doute… Alors ?… alors ?…

21 août. – J’ai fait venir un serrurier de Rouen, et lui ai commandé pour ma chambre des persiennes de fer, comme en ont, à Paris, certains hôtels particuliers, au rez-de-chaussée, par crainte des voleurs. Il me fera, en outre, une porte pareille. Je me suis donné pour un poltron, mais je m’en moque !…
· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

10 septembre. – Rouen, hôtel continental. C’est fait… c’est fait… mais est-il mort ? J’ai l’âme bouleversée de ce que j’ai vu.

Hier donc, le serrurier ayant posé ma persienne et ma porte de fer, j’ai laissé tout ouvert jusqu’à minuit, bien qu’il commençât à faire froid.

Tout à coup, j’ai senti qu’il était là, et une joie, une joie folle m’a saisi. Je me suis levé lentement, et j’ai marché à droite, à gauche, longtemps pour qu’il ne devinât rien ; puis j’ai ôté mes bottines et mis mes savates avec négligence ; puis j’ai fermé ma persienne de fer, et revenant à pas tranquilles vers la porte, j’ai fermé la porte aussi à double tour. Retournant alors vers la fenêtre, je la fixai par un cadenas, dont je mis la clef dans ma poche.